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    Le nouveau Hwang Sok-Yong lie les générations

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    Citation : Hallyunique
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    Le nouveau Hwang Sok-Yong lie les générations Empty Le nouveau Hwang Sok-Yong lie les générations

    Message  niin le Ven 24 Avr - 22:47

    Un nobélisable mise sur Internet

    S'il est un pays au monde où le fossé d'incompréhension entre générations pourrait être plus important qu'ailleurs, c'est bien la Corée du Sud. En moins d'une génération, le pays a connu une expansion économique spectaculaire, qui l'a vu passer de l'extrême pauvreté, dans les années 1960, à la situation de membre de l'OCDE, et, depuis une vingtaine d'années, des dictatures militaires à la démocratie. Pourtant, avec son dernier roman, L'Etoile du berger, paru à l'été 2008, Hwang Sok-yong (66 ans) est en train de faire mentir cette idée reçue.
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    Hwang Sok-yong a traversé un demi-siècle de l'histoire de la Corée. Il a lutté pour la démocratie, il a été emprisonné pour ses idées. Ses romans (publiés en France aux éditions Zulma) ont pour toile de fond les déchirements d'un pays divisé (La Route de Sampo, Monsieur Han), sa participation à la guerre du Vietnam aux côtés des Américains (L'Ombre des armes), la dissidence et la répression (Le Vieux Jardin). Toute une génération, qui a grandi à l'heure de la partition de la Corée, peut se reconnaître en lui. Pourtant, les lecteurs de son dernier roman (non traduit) sont en majorité des jeunes de 20 à 30 ans.

    Le livre infirme une autre idée reçue, qui veut que le Net tue l'écrit. Car Hwang Sok-yong a d'abord publié son texte en feuilleton sur son blog entre février et juillet 2008 : il a été lu et commenté par près de 2 millions de lecteurs. Publié sous la forme d'un livre à la fin de l'été, il s'est vendu à 500 000 exemplaires. Ce succès a incité d'autres écrivains de renom à faire de même.

    La littérature en ligne n'est pas une singularité sud-coréenne. Mais en raison de la diffusion du Net dans la population, elle connaît un essor spectaculaire, avec des portails spécialisés dans la littérature. Ces romans ne sont le plus souvent qu'"une sorte de parodie désespérée de la réalité", s'inquiète le critique Kim Chie-su dans la Nouvelle Revue française, dont les livraisons d'avril et de juin 2008 rassemblent des textes inédits d'écrivains contemporains.

    La célébrité d'Hwang Sok-yong, dont le nom a circulé pour le prix Nobel de littérature, a assurément joué dans le succès de ce roman en ligne. Mais ce qui a sans doute séduit le jeune lectorat, c'est l'attitude du romancier. Hwang Sok-yong est allé vers eux, il leur a raconté sa vie lorsqu'il était adolescent. Une époque, au lendemain de la guerre de Corée (1950-1953), certes bien différente. Mais beaucoup se sont identifiés au parcours erratique, aux quêtes, à la rébellion, aux vagabondages, aux émois et aux bonheurs instantanés du lycéen en rupture de ban qu'a été Hwang Sok-yong.

    "La société a changé, mais je ne pense pas qu'il y ait incompréhension entre les générations", dit-il. "Le livre que j'avais commencé à écrire était destiné à être publié de manière classique. J'y racontais mon adolescence, et en même temps, j'avais le sentiment que je ne connaissais pas ceux qui aujourd'hui ont l'âge que j'avais alors. Mon entreprise me semblait vaine ou simplement narcissique. J'ai failli arrêter. Puis j'ai décidé d'essayer de communiquer avec ces jeunes en publiant mon roman en feuilleton sur le Net. Et au fur et à mesure que j'écrivais, je recevais des messages, des commentaires et des questions de lecteurs dont les deux tiers étaient ces jeunes."

    Les romans d'Hwang Sok-yong sont ancrés dans l'histoire contemporaine. Jusqu'à présent, ils avaient pour toile de fond l'époque de son engagement politique, qui commença très jeune, comme son travail d'écriture : il avait un peu plus de 20 ans. L'Etoile du berger est en revanche un roman d'apprentissage.

    La toile de fond sociopolitique est estompée : le romancier se concentre sur les troubles intérieurs d'un homme, Jun, envoyé comme soldat au Vietnam, qui se souvient de son passé. Un retour sur soi qui sera aussi pour Jun l'occasion d'entrevoir ses fragilités et ses désillusions.

    Le Vieux Jardin était un récit de l'âge adulte, de l'engagement, de la prison, de l'utopie, mais aussi de la mélancolie et du regret d'un bonheur perdu, sacrifié. L'Etoile du berger se situe en amont : peut-être est-ce pour cela qu'il parle autant à la jeune génération née dans l'abondance et la démocratie, ignorante des luttes de ses aînés. " Peut-être. Je n'y avais pas pensé en l'écrivant", dit Hwang Sok-yong.

    " Certes cette génération n'est pas engagée, mais elle n'est pas pour autant dépolitisée. Elle se détache - et on peut la comprendre -, de la politique telle que la pratiquent les partis, déphasés par rapport à la société. Elle est sombre derrière son insouciance. Elle a des élans, mais elle est inquiète sans être pour autant passive. Quand j'achevais mon roman, au cours de l'été 2008, des centaines de milliers de personnes, et notamment des adolescents manifestaient, portant des bougies à travers les grandes villes de Corée. La protestation contre l'importation du boeuf américain avait été le déclencheur d'un mouvement beaucoup plus vaste, qui sonnait comme un désaveu du gouvernement Lee Myung-bak. La jeune génération s'exprime à sa manière. Elle est plus individualiste en ce qu'elle croit moins au mouvement collectif, et elle se demande ce que la société fait pour elle. Je ne renie pas l'action collective, mais je pense que la liberté individuelle, les petites libertés de chacun sont au moins aussi importantes. Sinon, on sombre dans le fascisme qui immole l'individu au nom du collectif."

    Traduire mot à mot le titre du roman d'Hwang Sok-yong par L'Etoile du berger, faute de mieux, est approximatif et trompeur par sa connotation chrétienne. La référence à cette "étoile brillante" parle en fait au tréfonds du coeur des Coréens. C'est l'étoile que l'on voit au crépuscule. "Celle qui accompagne la quête d'un gîte du jeune vagabond que j'étais", dit le romancier. Elle appelle aussi l'image de ce moment où le chien attend son écuelle, où le mendiant vient quémander les restes du repas...

    Le roman d'apprentissage est un genre peu développé en Corée. Hwang Sok-yong lui donne ses lettres de noblesse. Il soulève, comme il le dit, "le couvercle d'un pan" de sa vie, celui de l'adolescent rebelle vulnérable qu'il fut. Comme beaucoup. Coréens ou non. Hier comme aujourd'hui.

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/04/24/coree-du-sud-un-nobelisable-mise-sur-internet_1184938_3216.html#ens_id=1140064
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    Message  mrs_choco le Lun 16 Nov - 11:31

    c'est '개밥바라기별'?

      La date/heure actuelle est Dim 19 Mai - 22:40